Les vampires dans l’Histoire
Racines antiques : la mythologie grecque présente de nombreuses créatures buveuses de sang, parmi lesquelles les striges.
Racines judéo-chrétienne : Lilith, première femme d’Adam, répudiée. Elle suce le sang des nourrissons et dépouille les jeunes hommes de leur virilité la nuit. La Lilith de la Bible est comparée à la goule des Mille et une nuits, une belle jeune femme qui attire les hommes dans les cimetières pour les dévorer.
Autres traditions et superstitions: les revenants, les morts qui ne trouvent pas de repos dans la tombe, tels que le frappeur, le visiteur, le vengeur, etc. (leur nom vient de leur modus operandi). Ainsi, le mâcheur est celui qui dévore son linceul pour sortir de sa tombe, il dévore le bétail puis les humains.
Moyen Age : en 1484, le Pape Innocent VIII reconnaît officiellement l’existence des morts vivants.
Au XVIIIe siècle, les rumeurs et superstitions au sujet des loups garous et des revenants se multiplient dans toute l’Europe.
En 1732 apparaît pour la première fois le mot « vampyre ». En raison des épidémies qui dévastent les pays, sèment la panique, en raison de la fin de la chasse aux sorcières, le phénomène prend de l’ampleur. C’est un moyen de rassurer les populations, de donner une explication aux épidémies, de trouver des responsables. Les documents de l’époque caractérisent ainsi le vampire : il a un corps, il sort de sa tombe pour boire le sang des mortels et prolonger son existence, ses victimes deviennent à leur tour vampire.
Le religieux Augustin Calmet a largement participé à la propagation des rumeurs et des superstitions sur les vampires, avec son Traité sur les apparitions des esprits et sur les
vampires (1746). Des aperçus de son livre sont d'ailleurs disponibles sur Google Livres.
Les vampires historiques :
Au XVe siècle, en
Roumanie, le prince Vlad IV a frappé l’imaginaire. C’est un chef militaire célèbre, reconnu pour ses faits d’armes contre les Turcs. Il est également réputé pour sa cruauté dont il
tire ses deux surnoms : « Tepes » qui signigie « l’empaleur » ou « Dracul » qui signifie « le diable, le dragon ». On raconte qu’il prenait plaisir à empaler ses victimes, à prendre ses repas au
milieu de ses adversaires agonisants… C’est ce personnage historique qui inspira Bram Stocker. Le suffixe "-a" désigne la filiation, autrement dit "Dracul-a" signifie "fils du Diable".
Au XVIIe siècle, en Hongrie, la comtesse Erzsébet Bathory a également marqué les esprits, par sa cruauté et son caractère sanguinaire. Persuadée que le sang rendait la peau plus douce, elle aurait fait saigner près de 300 jeunes filles pour prendre des bains de sang. C’est ce personnage qui inspira Sheridan Le Fanu pour son héroïne, Carmilla.
C’est seulement au XIXe siècle que le vampire apparaît en littérature, alors que ce dernier est relégué au rang des superstitions et des vieilles légendes. Pourtant son succès s’explique par le contexte socioculturel de l’époque.
Le XIXe siècle est avant tout celui de la révolution industrielle. Avec elle émerge une ère nouvelle : la société est dominée par la bourgeoisie qui défend le travail et la rentabilité, la religion est très présente et la science progresse. Cette société laisse donc peu de place à la fantaisie… Or, la littérature fantastique, de plus en plus audacieuse, permet d’exprimer les fantasmes, les peurs, les envies de tout un chacun, à travers des personnages ou des histoires tantôt horribles, tantôt subversives, etc.
Plus l'univers est raisonné, cerné, exploité, plus l'Homme se réfugie dans l'imaginaire et refait vivre les croyances. Comme aujourd'hui...
A noter, une petite évolution de la figure du vampire: dans l'Antiquité, les créatures buveuses de sang sont essentiellement des femmes (ou femelles); alors qu'au XIXe siècle, les vampires sont plus souvent des hommes (ou mâles).- Sheridan Le Fanu, Carmilla
- Théophile Gautier, La Morte amoureuse et autres contes fantastiques
- Anthologie Les Cent ans de Dracula
- Anthologie Les Dents de la nuit
- Stephenie Meyer, Fascination (les 4 tomes, bien sûr!)
- Bram Stocker, Dracula