Mardi 17 novembre 2009
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Les soeurs Brontë ont marqué à jamais la littérature
anglaise. Comme beaucoup, je connaissais leur nom et pouvais attribuer sans souci Jane Eyre
à Charlotte, Hurle-Vent
à Emily. Pour autant, je n'avais jamais lu leurs romans...
Je me suis contentée de regarde Charlotte Gainsbourg camper Jane Eyre. Mais quand j'ai lu (que dis-je? dévoré!) la saga de Stephenie
Meyer, quand j'ai lu les nombreuses citations d'Edward & Bella (Hurle-Vent
est leur roman préféré), je me suis dit qu'il était grand temps de lire l'étrange passion de Heathcliff
& Catherine...
NB: la saga Fascination
assure une importante promotion pour l'oeuvre d'Emily Brontë. Le roman se vend si bien qu'il a éré réédité avec un bandeau spécial: "le roman préféré
d'Edward & Bella". La couverture a même bénéficé d'un relooking: couverture noire, couleur rouge, dans le style des Fascination
, afin d'attirer le lectorat adolescent... (Tout
comme Orgueil et préjugés, Roméo & Juliette..
.) Marketing et littérature vont de pair!
Les Hauts de Hurle-Vent
Emily Brontë
Titre original: Wuthering Heights
Première édition - 1850
Le Livre de poche - 2008
Coup de coeur !
Résumé
A flanc de colline se dresse la demeure des Hauts de Hurle-Vent, où les vents couchent les arbres et balayent la lande. C'est dans ce décor hostile que grandit Hindley et sa petite
soeur Catherine. Un soir de tempête, le père rentre de voyage, accompagné d'un jeune garçon à la peau mate. Sur la route, M. Earnshaw a recueilli ce petit orphelin qu'il a baptisé
Heathcliff. D'emblée, le jeune garçon attire le mépris, la jalousie et la haine. Seuls le patriarche et Catherine l'acceptent. Ainsi, les enfants vont grandir, vagabonder, aimer, haïr, se
venger... vivre et mourir...
Mon avis
Difficile de mettre en mots mon avis...
Emily Brontë ne s'embarrasse pas de descriptions longues et soporifiques, elle va à l'essentiel et perce le coeur des hommes et des femmes: elle happe l'intérêt du lecteur dès les
premières pages et le maintient en son pouvoir jusqu'au dernier mot.
Ce tour de force est sans doute dû, en partie, à la construction du roman, tant géographique que temporelle. Deux temporalités cohabitent dans ce roman: le présent et le passé. L'histoire
des Earnshaw et des Linton nous est racontée par plusieurs personnages et rendent la lecture vivante, dynamique, tout en ménageant un certain suspense.
Ensuite, l'histoire se déroule principalement en deux lieux: Hurle-Vent, en haut de la colline, à flanc, et Trushcross Grange, au bas de la colline. Alors que le premier lieu est froid, hostile,
un brin sinistre, le second est lumineux, accueillant... Ainsi, l'auteur plante un décor à la fois réaliste et noir, presque fantastique. Les paysages de landes où "crient" les vents, les
demeures grandes et silencieuses, les nuits noires et la lune, font inévitablement penser au Romantisme et au roman noir/fantastique. Décor propice aux passions défiant la raison, symbolique
facile (mais efficace) de l'Enfer et du Paradis... La dualité des lieux se retrouve chez leurs habitants et leurs comportements.
Ainsi, Heathcliff, Catherine, Cathy, Hindley, Hareton et bien d'autres, sans oublier Hélène, ne cessent de s'affronter, de faire souffrir et de souffrir... Ils répètent l'histoire
familiale, poursuivent une malédiction. A l'instar du climat de Hurle-Vent, les passions et les sentiments sont exacerbés, poussés à leur paroxysme... Même les âmes les plus pures,
innocentes, s'obscurcissent. Aucun personnage ne semblerait digne de compassion ou de pitié, tous ont des travers, des faiblesses ou une âme véritablement noire. Pourtant, la passion,
inévitablement tragique, qui unit Heathcliff et Catherine porte en elle ce souffle romanesque qui transporte le lecteur, le fait rêver: ces passions faites d'amour et de haine, de joie et de
douleur, de vie et de mort... Malgré son noir désir de vengeance, malgré le malheur qu'il sème autour de lui, malgré son côté diabolique, Heathcliff n'en est pas moins un homme et inspire la
pitié, un peu, quand il montre l'intensité de sa douleur: "Je ne peux pas vivre sans ma vie! Je ne peux pas vivre sans mon âme!"... De même,
Catherine, tout autant perfide et manipulatrice, soumise toute entière à ses passions: "Je suis Heathcliff". Des passions si fortes qu'elles
dépassent l'entendement, l'humain, si fortes qu'elles baignent les lieux d'une atmosphère noire et romantique.
♥♥♥ Trois bonnes raisons de lire Les Hauts de
Hurle-Vent:
- Ce roman (noir, fantastique, poétique et romanesque) est l'un des piliers de la littérature anglaise (et c'est le préféré d'Edward & Bella! Tout de même! ;));
- De ce roman émane une force, une intensité qui imprègne longtemps le lecteur, qui le "charme";
- La passion, la vengeance, la noirceur des personnages sont fascinantes.
Pas d'extrait cette fois-ci. TOUT est à lire.
Merci pour cette forme de piqûre de rappel !!!
Bonne journée.
J'espère qu'il vous plaira autant en version française...
Quant à moi, je suis tentée par du Jane Austen en ce moment. J'ai envie de beaux romans d'amour... Ce doit être l'effet Noël, le froid, les feuilles d'automne, etc...
De la rage, c'est le bon mot. C'est plus que de l'amour, en effet...
J'ai vraiment adoré ce bouquin!
En force et en beauté, c'est tout à fait cela!
Quand ils l'ont réédité à la sortie du film "Twilight", je n'ai pas voulu l'acheter car il était mis en grand sur la couverture " Le livre préféré d'Edward et Bella" et que je n'avais pas envie de passer pour une de ces groupies hystériques^^
Quant à l'édition Poche, je préfère l'édition simple avec le détail de la peinture (celle affichée dans mon billet). Rien que la couverture "envoûte"...
Bonne lecture à toi!
Merci! ;)
Wow ... vive le marketing !
Cela dit, si les adolescentes pouvaient le lire, je ne vais pas m'en plaindre ! :P
Tout est question de principes...
Dans l'édition de poche, il y a aussi un arbre généalogique et je m'en suis bien servi au cours du roman. Entre Catherine et Catherine Jr, Heathcliff et XXX Heathcliff, Linton à gauche, Linton à droite, etc... On pourrait s'y perdre facilement! ;)
Merci à toi! :)
Je voulais lire ce roman bien avant le tapage "twilightien", mais je l'avoue, les fréquentes citations faites par E. & B. m'ont rappelée "à l'ordre".
J'ai bien veillé à choisir une belle édition (celle du Livre de poche) et voir les bandeaux "le roman préférée d'E. et B.", la jaquette en rouge et noir façon "Twilight" me hérissent le poil... Mais, mais, mais... si ça permet de faire découvrir un beau classique aux ados... que dire? que penser? C'est pas évident...
J'espère que tu gardes un bon souvenir de cette lecture...
Et il est vrai aussi qu'il est difficile de juger la situation actuelle. Comme tu l'as dit :"Que dire ? Que penser ?" Quand on voit que ça pousse les adolescents à s'intéresser un peu à notre patrimoine, à ce que nos ancêtres nous ont laissé. Mais est-ce là le seul prétexte à l'adolescence ? Rien qu'un effet de mode ?
Oula ! Je crois que je me suis laissée emporté et que je m'égare. J'espère que tu m'en excuseras. En tout cas, je te souhaite bonne continuation. J'aime bien ton blog et aime ce que tu fais. C'est avec plaisir que je viens à chaque fois lire tes nouveaux billets depuis très peu de temps. Le hasard fait bien les choses ^_-
Les lectures "adolescentes" jouent un rôle crucial (je pense) dans la vie de tout un chacun. Je crois que ce sont ces lectures dont on se souvient le plus, qui nous marque le plus et qu'on a plaisir à retrouver, à évoquer... Elles déterminent certainement une part de nos goûts, une part de ce que nous sommes...
Alors bon, si le relooking des livres achemine les ados vers de véritables oeuvres, ce n'est peut-être pas une si mauvaise chose... (même si ça soulève de nombreuses questions! Comme les moyens "d'attirer" les ados... La fin justifie-t-elle les moyens? Etc.)
En tout cas, je suis d'accord avec toi. Parfois ça a du bon, ça marque notre esprit et on se découvre des plaisirs. J'aime cette façon de pensée positive.
Merci! :)
(Mieux vaut ne tomber dans cette déferlante...)
J'ai vu l'adaptation avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche, pas mal!
Je n'ai vu encore aucune adaptation ciné, mais je crains d'être déçue tellement le roman laisse une empreinte forte.