Difficile de se dire qu'on ne relit pas
Fascination! Les similitudes jalonnent tout le roman... Ou bien sont-ce les nouveaux ingrédients indispensables d'un roman jeunesse à succès!
The Immortals en est déjà au 4ème tome outre-atlantique!
Bref...
Tout d'abord,
on retrouve le couple "maudit": la mortelle et l'immortel, couple qui évidemment ne peut vivre, réaliser son amour que dans une mort (enfin, un au-delà dans notre monde, c'est
rassurant!). A l'instar d'Edward, Damen incarne
l'homme parfait, ténébreux, mystérieux, fascinant mais "dangereux", sombre. Tout comme Edward, il a de l'allure et toutes les filles (et
femmes!) sont sous son charme (et celui de sa belle voiture)... Encore une fois, il est cultivé, poli, courtois... Bref, l'homme parfait, sorti tout droit du XIXe siècle (Edward et Damen -bien
moins cependant- semblent porter en eux quelques aspects du Romantisme, du Gothique, etc). A croire que
de nos jours, le XIXe siècle, c'est tendance !!!
En revanche,
Ever se distingue de Bella. Alors que la seconde est une ado ordinaire (souvenons-nous de son portrait: cuisses molles, voire flasques, peau pâle, cheveux fins et sans volume,
etc), la première est
une vraie bombe: jolie blonde toute en formes, ex- pom-pom girl, ex- coqueluche du lycée, etc. Mais, mais, mais...
Ever, on l'aime bien! Parce que quand on la
rencontre,
elle se cache sous des pulls informes à capuche, elle ne se maquille plus et traîne presque seule au lycée...
Et elle souffre, vraiment. Elle est "seule"...
(Mais, comme dans Fascination
, ça coince à un moment donné: pour "garder" l'homme qu'elles aiment, Bella et Ever (re)deviennent super belles! Assez discutable comme vision de la
femme et des relations à l'homme... --> Autre débat.)
Autre point commun: au début de chacun des romans, on apprend que
les personnages lisent (et AIMENT) Les Hauts de Hurlevent... Avec une telle promotion, les descendants d'Emily Brontë
n'auront plus besoin de travailler. Bref,
le tempérament obscur d'Heathcliff se retrouve chez Edward, chez Damen également... L'impossible amour, les tourments, la jalousie, l'âme blessée, bla
bla bla...
Et comme dans toute saga qui se respecte,
des opposants viennent contrecarrer les plans amoureux des deux héros! Incarné à nouveau par une femme rousse, très belle, et machiavélique (cela
va sans dire)... Grande question (déjà lue): Ever et Damen pourront-ils concrétiser leur amour? Suspense...
De même,
les "troubles" de l'adolescence ont la part belle: quête de soi, expériences et interdits comme l'alcool...
Enfin, à la différence de
Fascination (quoique...),
Eternels me semble assez superficiel, pas toujours "bien écrit": Ever et son ipod par-ci, Ever et son ipod par-là...
Sans oublier quelques-unes de ses "réflexions": "
Ce garçon est vraiment incroyable: il a toujours un maillot de bain dans son coffre de voiture." Hum, hum...
Après tout ça, vous devez peut-être vous interroger sur la qualité de ce roman...
Malgré cette impression de "déjà lu", malgré le côté superficiel, je l'ai
lu d'une traite. C'est facile à lire et
on se laisse prendre par l'histoire. Et même si on ne s'attache pas
vraiment aux personnages, on a du
plaisir à voir Ever se "rouvrir" au monde, découvrir les premiers émois amoureux... Damen et ses cheveux longs...
Autre intérêt: pas de vampire! La dimension fantastique est toujours là, le symbolisme aussi. Cette fois,
on découvre le monde des auras, des fleurs (et leur langage) et de l'EMI (expérience de mort imminente)... Des mondes doux, oniriques et beaux, rassurants... Ever submergée de
tulipes, quelle belle déclaration d'amour! En fait, la Mort n'a plus de raison de faire peur... Espérons que les tomes suivants nous en apprennent un peu plus!
Par ailleurs,
deux personnages secondaires sont "remarquables" et apportent un souffle émouvant au roman: la tante et la petite soeur. La première, aussi seule qu'Ever sinon plus, essaie
de construire un semblant de bonheur, d'aider sa nièce du mieux qu'elle peut, malgré ses maladresses... La seconde, fantôme errant, triste figure d'une enfance brisée, tente elle aussi d'aider sa
soeur à ne plus survivre mais à "vivre", tout simplement...
En bref
Il faut admettre que ce roman souffre de nombreuses comparaisons avec Fascination... De quoi
écrire de nombreuses pages (ce billet est déjà trop long)!
Et même si ce premier tome ne laisse pas un grand souvenir (la romance des deux personnages manquent d'intensité et les personnages de charisme, le
fantastique est encore "superficiel"...), il constitue une lecture facile, une "lecture plaisir"... (très bien pour les ados!)
Si j'en ai l'occasion, je lirai la suite, peut-être donnera-t-elle plus "d'épaisseur" à l'histoire.
La publication du tome 2, Lune bleue, est prévue pour le 4 mars.
Site d'Alyson Noël et de sa saga.