Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 07:00
On poursuit le "cycle Nelligan"...
Illustration: Man Ray, Le Violon d'Ingres (1924).

# 17 - Dimanche poétique


man-ray-le-violon-dingres-1924.jpgLe violon brisé


Aux soupirs de l'archet béni,
Il s'est brisé, plein de tristesse,
Le soir que vous jouiez, comtesse,
Un thème de Paganini.

Comme tout choit avec prestesse !
J'avais un amour infini,
Ce soir que vous jouiez, comtesse,
Un thème de Paganini.


L'instrument dort sous l'étroitesse

De son étui de bois verni,
Depuis le soir où, blonde hôtesse,
Vous jouâtes Paganini.

Mon coeur repose avec tristesse
Au trou de notre amour fini.
Il s'est brisé le soir, comtesse,
Que vous jouiez Paganini.


Emile Nelligan, Poésies, (1896-1899)


Poursuivez votre voyage poétique en rendant visite à: Celsmoon. Edelwe, Mango, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Laurence ... Ankya, Herisson08 ,Anjelica , Schneeweiss , George, Uhbnji, **Fleur**... Sur le blog de Celsmoon, vous trouverez la liste complète des "voyages poétiques"...
Par Marie_L - Publié dans : Poésie - Communauté : Salon Lecture
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 07:00
Séduite par la saga Fascination, plongée dans le fantastique, j'ai voulu découvrir d'autres romans qui font frémir, trembler les ados, comme celui-là. De fil en aiguilles, c'est ainsi qu'Eternels s'est trouvé dans mes mains...
Eternels, Fascination, ou comment une ado ordinaire quitte son cocon pour un ailleurs, proche de l'inconnu, devient extraordinaire grâce un amour extraordinaire dans un monde pas si ordinaire avec des gens non moins extraordinaires! ;)


eternels-tome-1-evermore-alyson-noel.jpgEternels
Tome 1: Evermore
Alyson Noël

Titre orig.: The Immortals
Michel Lafon, 2009


notation_etoiles_3.jpg

Résumé
Ever n'est plus une adolescente comme les autres. Un accident de voiture a tué ses parents, sa soeur et son chien. Elle seule a survécu. Après plusieurs mois en convalescence, elle rejoint sa tante en Californie et reprend le lycée. Difficilement... Car en sortant du coma, Ever s'est découvert de nouvelles capacités pour le moins étranges elle est extralucide, autrement dit elle voit les auras, elle lit les pensées... Don ou malédiction? Quoiqu'il en soit c'est un fardeau. Jusqu'au jour où le beau Damen débarque au lycée... Lui seul, par sa présence, apaise le tumulte des pensées et des couleurs...

Avis
Difficile de se dire qu'on ne relit pas Fascination! Les similitudes jalonnent tout le roman... Ou bien sont-ce les nouveaux ingrédients indispensables d'un roman jeunesse à succès! The Immortals en est déjà au 4ème tome outre-atlantique!
Bref...
Tout d'abord, on retrouve le couple "maudit": la mortelle et l'immortel, couple qui évidemment ne peut vivre, réaliser son amour que dans une mort (enfin, un au-delà dans notre monde, c'est rassurant!). A l'instar d'Edward, Damen incarne l'homme parfait, ténébreux, mystérieux, fascinant mais "dangereux", sombre. Tout comme Edward, il a de l'allure et toutes les filles (et femmes!) sont sous son charme (et celui de sa belle voiture)... Encore une fois, il est cultivé, poli, courtois... Bref, l'homme parfait, sorti tout droit du XIXe siècle (Edward et Damen -bien moins cependant- semblent porter en eux quelques aspects du Romantisme, du Gothique, etc). A croire que de nos jours, le XIXe siècle, c'est tendance !!!
En revanche, Ever se distingue de Bella. Alors que la seconde est une ado ordinaire (souvenons-nous de son portrait: cuisses molles, voire flasques, peau pâle, cheveux fins et sans volume, etc), la première est une vraie bombe: jolie blonde toute en formes, ex- pom-pom girl, ex- coqueluche du lycée, etc. Mais, mais, mais... Ever, on l'aime bien! Parce que quand on la rencontre, elle se cache sous des pulls informes à capuche, elle ne se maquille plus et traîne presque seule au lycée... Et elle souffre, vraiment. Elle est "seule"...  (Mais, comme dans Fascination, ça coince à un moment donné: pour "garder" l'homme qu'elles aiment, Bella et Ever (re)deviennent super belles! Assez discutable comme vision de la femme et des relations à l'homme... --> Autre débat.)
Autre point commun: au début de chacun des romans, on apprend que les personnages lisent (et AIMENT) Les Hauts de Hurlevent... Avec une telle promotion, les descendants d'Emily Brontë n'auront plus besoin de travailler. Bref, le tempérament obscur d'Heathcliff se retrouve chez Edward, chez Damen également... L'impossible amour, les tourments, la jalousie, l'âme blessée, bla bla bla...
Et comme dans toute saga qui se respecte, des opposants viennent contrecarrer les plans amoureux des deux héros! Incarné à nouveau par une femme rousse, très belle, et machiavélique (cela va sans dire)... Grande question (déjà lue): Ever et Damen pourront-ils concrétiser leur amour? Suspense...
De même, les "troubles" de l'adolescence ont la part belle: quête de soi, expériences et interdits comme l'alcool...
Enfin, à la différence de Fascination (quoique...), Eternels me semble assez superficiel, pas toujours "bien écrit": Ever et son ipod par-ci, Ever et son ipod par-là... Sans oublier quelques-unes de ses "réflexions": "Ce garçon est vraiment incroyable: il a toujours un maillot de bain dans son coffre de voiture." Hum, hum...

Après tout ça, vous devez peut-être vous interroger sur la qualité de ce roman...
Malgré cette impression de "déjà lu", malgré le côté superficiel, je l'ai lu d'une traite. C'est facile à lire et on se laisse prendre par l'histoire. Et même si on ne s'attache pas vraiment aux personnages, on a du plaisir à voir Ever se "rouvrir" au monde, découvrir les premiers émois amoureux... Damen et ses cheveux longs...
Autre intérêt: pas de vampire! La dimension fantastique est toujours là, le symbolisme aussi. Cette fois, on découvre le monde des auras, des fleurs (et leur langage) et de l'EMI (expérience de mort imminente)... Des mondes doux, oniriques et beaux, rassurants... Ever submergée de tulipes, quelle belle déclaration d'amour!  En fait, la Mort n'a plus de raison de faire peur... Espérons que les tomes suivants nous en apprennent un peu plus!
Par ailleurs, deux personnages secondaires sont "remarquables" et apportent un souffle émouvant au roman: la tante et la petite soeur. La première, aussi seule qu'Ever sinon plus, essaie de construire un semblant de bonheur, d'aider sa nièce du mieux qu'elle peut, malgré ses maladresses... La seconde, fantôme errant, triste figure d'une enfance brisée, tente elle aussi d'aider sa soeur à ne plus survivre mais à "vivre", tout simplement...

En bref
Il faut admettre que ce roman souffre de nombreuses comparaisons avec Fascination... De quoi écrire de nombreuses pages (ce billet est déjà trop long)!
Et même si ce premier tome
ne laisse pas un grand souvenir (la romance des deux personnages manquent d'intensité et les personnages de charisme, le fantastique est encore "superficiel"...), il constitue une lecture facile, une "lecture plaisir"... (très bien pour les ados!)
Si j'en ai l'occasion, je lirai la suite, peut-être donnera-t-elle plus "d'épaisseur" à l'histoire.


La publication du tome 2, Lune bleue, est prévue pour le 4 mars.
Site d'Alyson Noël et de sa saga.
Par Marie_L - Publié dans : Littérature jeunesse - Communauté : Salon Lecture
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 07:00
defi_classique.jpgDeuxième session! Nous y voilà...
Le mois de janvier est derrière nous et ce billet recense toutes vos lectures de ce mois. A vous de lire les billets et de faire votre choix pour février!
Avant de vous souhaiter de beaux voyages (littéraires), je tiens à m'excuser pour cette publication un peu tardive (eh oui, nous sommes déjà début février!)...
Si j'ai oublié (malencontruseusement) votre participation, ou si j'ai commis une erreur dans les liens, signalez-le moi...
Dernières petites remarques: n'hésitez pas à "parler" de ce récapitulatif... Et pour le billet "permanent", celui qui recense toutes les lectures, toutes sessions confondues, il est en lien (avec le logo) dans la marge du blog, à droite.


Vous verrez que ce mois-ci, Camus et Zweig sont à l'honneur... A noter aussi que le Portugal fait son entrée dans le challenge.
De même, Cynthia apporte la plus grande contribution: 3 lectures classiques ce mois-ci!


Choisissez votre destination:

- Angleterre
William Shakespeare, Roméo & Juliette (≈1590) -> Vanounyme
William Shakespeare, Le Roi Lear -> Avalon
Horace Walpole, The castle of Otranto (1764) -> Kathel
Radcliffe, L'Italien (1797) -> Alexielle
Jane Austen, Orgueil et préjugés (1813) -> Rafafa; The Storybook Girl
Jane Austen, Mansfield Park (1814) -> Kali
Mary Shelley, Frankenstein (1818) -> DeL
Charles Dickens, Un Chant de Noël (1843) -> Lounima
Charles Dickens, David Copperfield (1850) -> Marie; Tif'
Charles Dickens, De Grandes Espérances (1860-61) -> Yueyin
Lewis Carroll, Alice's adventures in Wonderland (1865) -> **Fleur**
Conan Doyle, La Compagnie blanche (1891) -> Folfaerie
Virginia Woolf, Mrs Dalloway (1925) -> Mea

- Autriche
Stefan Zweig, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme -> Papillon
Stefan Zweig, La Confusion des sentiments (1927) -> Cynthia; Calypso
Stefan Zweig, Le Monde d'hier -> Nanne

- Irlande
Oscar Wilde, L'Eventail de Lady Windermere (1892) -> Iluze
James Joyce, Dubliners (1914) -> Christophe Pierre

- Italie
Carlo Collodi, Pinocchio (1881) -> Mirontaine
Curzio Malaparte, La Peau (1949) -> L'Encreuse

- France
Molière, Dom Juan (1665) -> Sentinelle
Denis Diderot, La Religieuse (1796) -> Véronique D
Victor Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné (1829) -> Marie
Alfred de Musset, Lorenzaccio (1834) -> Yohan
Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires (1844) -> Poet24
Honoré de Balzac, Modeste Mignon (1844) -> Keisha
Alexandre Dumas, La Dame pâle (1849) -> Cynthia
Jules Barbey d'Aurevilly, L'Ensorcelée (1852) -> Sentinelle
Gustave Flaubert, Madame Bovary (1857) -> Maggie76
Emile Zola, Thérèse Raquin (1867) -> Marie L., Neph
Gustave Flaubert, Un Coeur simple (1877) -> Pimprenelle
Guy de Maupassant, L'Héritage (1884) -> Stephie
Jules Renard, Histoires naturelles (1896) -> Katell
André Malraux, La Condition humaine (1933) -> Val
Albert Camus, L'Etranger (1942) -> Sylire
Albert Camus, La Peste (1947) -> George
Boris Vian, L'Ecume des jours (1947) -> Youpinous; Lancellau
Albert Camus, Jonas ou l'artiste au travail (1953) -> Kali
Albert Camus, La Femme adultère (1954) -> Mango
Antoine de Saint-Exupéry, Lettres à sa mère (1955) -> Nanne
Maurice Druon, Les Rois maudits (1955) -> Craklou
Joseph Kessel, Le Lion (1958) -> Choco
Marguerite Yourcenar, Anna, soror... (1982) -> Eloah

- Portugal
Luís Fróis, Européens & Japonais : traité sur les contradictions & les différences de mœurs (1585) -> Catherine

- Russie

Tolstoï, Anna Karénine (1877) -> Bladelor

- Hors Europe (petite exception! ;))
J.D. Salinger, L'Attrape-coeurs (1951) -> Cynthia
Par Marie_L - Publié dans : Défi - Communauté : Salon Lecture
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 14:25
Une nouvelle fois, Nelligan ne sera pas sur la route de ce dimanche... Néanmoins, la plume poétique de Zola égaye tristement ce dimanche...
Lecture commune (et, on ne peut plus, classique) avec Neph.



therese-raquin.gifThérèse Raquin
Emile Zola

(1ère éd. 1867)
Le Livre de poche (Coll. Les classiques), 2009


notation_etoiles_5.jpg

Résumé
Madame Raquin élève seule son fils Camille, enfant chétif et maladif. Très tôt, son frère lui demande de recueillir une petite fille qu'il a ramenée d'Afrique avec lui. Madame Raquin accepte et  les deux enfants grandissent ensemble, choyés, gâtés et assommés de traitements médicaux. Alors que l'un devient égoïste, veule et souffreteux, l'autre est brimé, sa fougue éteinte par les odeurs et les élans fiévreux... Tout naturellement, Camille et Thérèse se marient et emménagent à Paris, avec leur mère. Là-bas, Camille retrouve Laurent, un ami d'enfance. Laurent, un fils de paysan, brute et vigoureux. Il n'en faut pas plus pour réveiller la fougue de Thérèse...

Avis
Emile Zola n'a pas son pareil pour décrire, décrypter les comportements humains. Avec justesse et finesse, avec réalisme et poésie, il met l'âme à nu, sans rien passer sous silence. Sans artifice, les noirs désirs sont révélés, les souffrances sont peintes. Mais, mais, mais... on ne peut pas en vouloir à ces personnages, on ne peut pas les blâmer. Précisément parce qu'ils sont "humains". Précisément, parce que, comme souvent chez Zola, on a assisté à leurs "débuts", à leurs rêves, à leurs "bons" désirs ou à leurs difficultés. Après tout, pourquoi Thérèse devrait-elle être condamnée dès sa jeunesse à ne jamais connaître la volupté? Pourquoi n'aurait-elle pas un petit morceau de ciel bleu? Bref, dans ce roman, Zola décrit sans complaisance les passions humaines, ces passions qui conduisent à la déchéance, à la misère la plus complète... à l'asservissement, à la mort.
Par ailleurs, Thérèse Raquin se rapproche d'un huis-clos psychologique: une grande partie de l'histoire se déroule dans les murs, dans le fond de commerce de Madame Raquin, triste et pathétique spectatrice du drame. Chaque sortie conduit les personnages à s'enfermer davantage et à exacerber, malgré eux, leurs peurs et leur haine, leur culpabilité. Au fil du roman, la tension croît, jusqu'à en devenir palpable et pesante, à l'instar des tragédies antiques... Les destins des quatre personnages sont d'ailleurs "dignes" d'une tragédie: passions, rapports de domination, témoin passif, et la folie, l'Etrangère qui cristallise les maux...
De même, ce roman flirte avec le fantastique: les cauchemars de Laurent et Thérèse sont si violents qu'ils imprègnent le quotidien et se confondent quasiment avec la réalité. François, le chat de Madame Raquin, trompe également: figure de superstition, figure hautaine, témoin oculaire de l'adultère, i semble concentrer les différents maux au point d'effrayer les protagonistes.
Entre huis-clos psychologique, tragédie et fantastique, le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer et les pages défilent...

Trois bonnes raisons de lire Thérèse Raquin :
- L'âme humaine mise à nu, sans artifice. Ou comment les passions humaines peuvent déchirer des êtres et les conduire à la folie... et à la mort.
- Un huis-clos psychologique haletant, sombre, misérable.
- Un roman qui mêle tragédie et fantastique: funestes destins et cauchemars trop réels...


Extrait de la préface, par Zola:
"Dans Thérèse Raquin, j'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus."


Je crois savoir que Neph a aimé ce roman... Allons voir ce qu'elle en écrit...
Lu dans le cadre du
Défi J'aime les classiques!
Vous aurez sans doute remarqué que j'ai peu publié ces derniers temps (des empêchements, des priorités moins sympas). J'ai pris du retard dans la lecture de vos blogs, mails et commentaires. Je fais ce que je peux pour rattraper ça! En conséquence, le billet récapitulatif du défi aura aussi un peu de retard. Il ne sera publié que demain (voire mardi, au pire). J'en suis navrée...


defi_classique.jpg 2 livres lus sur 13.

Mon billet sur L'Assommoir.
Par Marie_L - Publié dans : Littérature - Communauté : Salon Lecture
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 11:59
Ni Nelligan, ni dimanche poétique aujourd'hui... mais une lecture commune avec Bladelor!
Ma grande soeur m'a si souvent parlé avec emphase du roman de Jack Kerouac, THE roman de la
beat generation, que lorsque Bladelor l'a proposé en lecture commune, je n'ai pas hésité une seconde. C'était l'occasion de lire, enfin, Sur la route...

sur-la-route-kerouac.jpgSur la route
Jack Kerouac

Titre orig.: On the road
Première pub.: 1957
Trad. de l'anglais: Jacques Houbart
Ed. Gallimard, Coll. Folio (2009)


notation_etoiles_1.jpg

Résumé
Alors qu'il sort d'une rupture douloureuse et d'une longue convalescence, le narrateur rencontre Dean Moriarty, personnage sombre et révolté, aussi imprévisible que fascinant. Avec lui, "la vie sur la route" peut commencer... Un horizon nouveau s'ouvre aux yeux du narrateur, une vie sans destination. Seulement la route, les voitures, les filles, l'alcool...

Avis
Une chose est sûre, ce livre a des qualités. Ce n'est pas l'emblème d'un mouvement littéraire puis culturel et social pour rien! On sent dans ce livre l'effervescence qui gagne la jeunesse des années 50 et 60. On sent le besoin de repousser les limites toujours un peu plus loin. On sent la nécessité de s'affranchir des carcans moraux. On sent le vécu et quelle surprise d'apprendre ensuite que tous ces personnages ne sont autres que les amis de Kerouac: Allen Ginsberg et William S. Burroughs...
Pour autant, je ne pourrai pas vous "discuter" plus longuement sur ce livre car je ne l'ai pas terminé. Je me suis accrochée jusqu'aux cent premières pages et j'ai abandonné. J'ai parcouru en diagonale le reste de l'oeuvre. Ce n'était sans doute pas le "bon moment" pour cette lecture. A l'instar de leur mode de vie, les personnages défilent, les bars, les filles... Tant et si bien que je n'ai pas réussi à "accrocher" au roman. J'y suis restée insensible et même l'extase des deux personnages principaux m'a laissée de marbre.
Pour autant, certains passages valent la lecture: la soif des grands espaces, l'envie de liberté et de fraternité (qui reste illusoire, ne nous leurrons pas, d'ailleurs Kerouac est mort de solitude et d'alcool à 47 ans)... Mais ces instants lyriques sont parasités par la "débauche" (oui, je suis sans doute vieux jeu, mais voilà, lire les aventures d'une bande de potes qui ne pensent qu'à "trouver" ou "partager" des filles, ça va un moment!).

Bref, ce n'était pas le bon moment pour moi. Mais je pense que j'y reviendrai... un jour.
Et dans les prochains mois, j'essaierai Les Clochards célestes qui figurent aussi sur ma PAL.

En attendant, je vais vite lire ce que Bladelor en a pensé (j'espère qu'elle a davantage apprécié cette lecture que moi).
Rectificatif: elle a aussi laissé tomber cette lecture... Comme quoi... Merci quand même pour cette lecture qui n'en fut pas vraiment une, mais ça arrive... :)


Deux extraits qui me plaisent bien et qui donnent une idée assez juste du ton du livre:
p.34  "Je m'éveillai quand le soleil se mit à rougeoyer; et ce fut la seule fois de ma vie qu'aussi nettement, moment étrange entre tous, je ne sus plus qui j'étais - j'étais loin de chez moi, obsédé et épuisé par le voyage."

p.77  "- Nous passons notre vie dans l'espoir de la saisir une fois pour toutes.
- Non, non, non, cette idée est de la merde absolue et du chichi romantique à la Virginia Woolf."
Par Marie_L - Publié dans : Littérature - Communauté : Salon Lecture
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